Œufs : « Les tensions dans les rayons disparaîtront d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

Œufs : « Les tensions dans les rayons disparaîtront d’ici juin » avec 375 millions d’œufs supplémentaires attendus en 2026

Bonne nouvelle pour vos courses : les tensions sur les étals d’œufs devraient s’atténuer rapidement. La filière annonce une hausse significative de la production pour 2026. Vous allez peut‑être retrouver des rayons plus calmes dès juin.

Une consommation qui ne cesse de croître

En 2025, chaque Français a consommé en moyenne 237 œufs toutes formes confondues. C’est dix de plus qu’en 2024. Cette progression traduit un véritable engouement pour l’œuf, qui a profité aux achats en grande surface.

Les ventes en magasins ont progressé de 5 %. Sur trois ans, cela représente environ 300 millions d’œufs supplémentaires par an. Au total, la grande distribution a vendu 7,3 milliards d’œufs sur les douze derniers mois, pour un chiffre d’affaires proche de 2 milliards d’euros.

Pourquoi l’œuf séduit tant

L’œuf plaît pour plusieurs raisons. Il est polyvalent et facile à préparer. Il s’intègre aux cuisines du monde et à tous les régimes. Sa dimension « naturelle » et son apport protéique renforcent aussi son attractivité.

La crise sanitaire a provoqué un pic de consommation en 2020. Depuis, l’œuf ne s’est pas effondré comme d’autres produits. Les études indiquent qu’il pourrait atteindre 8 milliards d’unités en grande distribution d’ici 2028.

Production nationale : les chiffres et les limites

La production française a augmenté de 0,8 % sur l’année passée. Les mises en place de poulettes ont crû de 3,3 % en 2025. De plus, la durée d’élevage des poules s’allonge, ce qui soutient la production.

Pourtant, cette hausse reste insuffisante. Le taux d’auto‑approvisionnement se dégrade. Les importations d’œufs coquilles ont atteint un niveau inédit. Elles représentent aujourd’hui 10 % de la production nationale.

Sur deux ans, les importations ont bondi de 42 %. En 2025, elles progressent de 22 %. Les ovoproduits importés augmentent aussi, de 6,7 %. Ce déséquilibre transforme une balance commerciale auparavant positive en un solde défavorable.

Des perspectives rassurantes pour 2026

La filière prévoit la construction de nouveaux poulaillers. En 2025, 18 installations ont été comptabilisées. Elles représentent 660 000 places et une production annuelle estimée à 200 millions d’œufs.

Pour 2026, l’objectif évoqué est de 40 poulaillers supplémentaires. Cela correspondrait à 1,25 million de places et à environ 375 millions d’œufs de plus. C’est pourquoi les représentants du secteur assurent que les tensions dans les rayons vont disparaître « d’ici juin ».

Ambitions à long terme et exigences de la filière

Le CNPO table sur une consommation de 269 œufs par personne en 2035. Pour y parvenir, il faudra produire quelque 18 milliards d’unités, soit 3 milliards de plus qu’aujourd’hui. Le plan de filière est relevé : 575 poulaillers d’ici 2035, contre 300 prévus auparavant.

La filière maintient l’objectif d’atteindre 90 % d’œufs issus de modes alternatifs en 2030. À l’heure actuelle, environ 77 % de la production répond à ces normes. Par ailleurs, 90 % de la production est déjà labellisée œuf de France.

Obstacles à lever

La construction de poulaillers reste complexe. Les autorisations administratives prennent du temps. Un dossier peut atteindre plusieurs centaines de pages et demander des années.

Le financement est un autre frein. La filière estime à 60 millions d’euros l’investissement nécessaire chaque année pendant dix ans pour l’élevage seul. Sans oublier les besoins pour les fabricants d’aliments, les couvoirs et les centres de conditionnement.

Enfin, les recours d’associations et les normes diffèrent selon les pays. Le CNPO demande que toute nouvelle règle soit décidée au niveau européen et plaide pour des clauses miroirs afin d’éviter une concurrence déloyale.

Que pouvez‑vous faire en tant que consommateur ?

Privilégiez le logo œuf de France si l’origine vous importe. Regardez aussi les mentions sur le mode d’élevage. Si vous souhaitez soutenir la production locale, favorisez les filières contractuelles et les circuits courts.

Enfin, profitez des possibilités culinaires de l’œuf. Il est économique, nourrissant et adaptable à de nombreuses recettes. Votre préférence influence le marché et peut encourager la filière à produire davantage, mais mieux.

AnnéeŒufs coquille (œufs/hab)Ovoproduits (œufs/hab)Total (œufs/hab)
202515384237
203017379,3252
203518881,3269
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Auteur/autrice

  • Ginevra Soler est journaliste culinaire et cheffe consultante spécialisée dans la valorisation des légumes et des cultures potagères. Avec plus de douze ans d'expérience en cuisine professionnelle et en agriculture urbaine, elle conçoit recettes saisonnières, techniques de conservation et parcours pédagogiques pour amateurs et professionnels. Auteur de chroniques pour magazines gastronomiques et curatrice d'ateliers du jardin à l'assiette, elle collabore régulièrement avec maraîchers et épiceries locales pour promouvoir une cuisine durable, zéro gaspillage et axée sur le goût. Sa démarche combine rigueur expérimentale, pédagogie accessible et esthétique culinaire, privilégiant ingrédients locaux, simplicité et saveurs authentiques.

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